Yoga

Article #3 : Yamas

Sothiya Taing - Créatrice d'espace de résonance - Coaching - Facilitatrice d'ateliers - Yoga
Yama

Dans la philosophie du yoga, il existe 8 branches du yoga selon Patanjali qui permettent de s’épanouir en dehors et hors de son tapis. Souvent, on ne pense qu’au yoga postural, celui du mouvement (asana) en oubliant qu’il y a un monde derrière. Les asanas n’arrivent finalement qu’à la troisième place de son classement. On trouve les yamas première position. Naturellement en tant que professeure de yoga, j’ai envie d’en parler durant mes pratiques et dans mon quotidien. Mais que sont-ils ? pourquoi sont-ils si importants ? Comment les appliquer dans la vie de tous les jours ?

Les Yamas ou les règles de bien vivre avec les autres

On dénombre 5 yamas. Ils sont ce que nous pouvons mettre en place pour vivre en société ou en groupe. Les yamas soutiennent la sangha (communauté) qui elle même soutient l’individu dans son développement et son chemin.

Ahimsa, le yama de la non violence

Ahimsa : la non violence envers soi-même et les autres. La non violence envers tous les êtres vivants. C’est garder en tête que toute vie est précieuse et qu’il faut en prendre soin. La violence va au delà des gestes, elle commence par les mots. Marshall Rosenberg en parle très bien avec la Communication Non Violente dans Les mots sont des fenêtres ou bien ils sont des murs. Il peut être si simple de heurter quelqu’un avec de simples mots. De plus, chacun ayant sa propre perception du monde avec ses propres ressentis, il peut être difficile de prendre la mesure de comment la personne va recevoir ces mots. Ahimsa pour la non violence avec soi parce que nous vivons dans des sociétés où la performance est une valeur importante et qu’il faut réussir coute que coute. Aussi, avoir un regard critique sur soi peut très vite passer de l’exigence à la violence.

Satya, le yama de la vérité

Avec Satya, nous recherchons la vérité. La pensée et la dire. Elle rejoint l’authenticité des expériences que nous choisissons de vivre, l’alignement entre la tête, le corps et le coeur dont j’aime parler. Plusieurs fois, on m’a demandé si toute vérité était bonne à dire. Selon Kant, oui. La vérité est absolue et le mensonge porte atteinte à l’homme. D’autres diront que la vérité peut parfois plus blessée que faire du bien. Et puis certains penseront que toute vérité finit par se savoir. Pour Patanjali, il n’y a qu’une seule vérité et la reconnaître sans se voiler la face permet d’avancer sur son chemin

Asteya, le yama pour ne pas voler

Dit comme ça, cela peut paraître évident. Il convient de ne pas prendre ce qui ne nous appartient pas. On peut penser instantanément au vol matériel. Mais il y a aussi le vol immatériel. Je pense par exemple au temps, à la sérénité ou bien encore à la charge mentale. Il est possible de prendre du temps à quelqu’un sans se rendre compte en lui demandant de nous rendre un simple service par exemple. Service qui à nos yeux peut être vu comme rien du tout mais qui pour la personne en face va lui demander du temps et s’ajouter sur sa to-do liste. Un autre exemple, on peut s’attribuer les mérites d’un projet alors que toute une équipe est derrière.

Brahmacarya, le yama de l’abstinence

Ce yama peut en effrayé plus d’un. Nous vivons dans des sociétés de la sur consommation où tout est accessible de manière presque instantanée en un clic. Même l’égo et l’estime de soi grâce aux likes instagram. L’abstinence permet de transformer ce « faire » et cet « avoir » pour revenir à ce qui est présent et à « être ». L’abstinence est aussi un moyen pour moi de sortir des automatismes qui sont soit imposés par la société ou que j’ai pu m’imposer à moi même. Après un jeun par exemple, je me pose plus facilement la question de si j’ai réellement faim ou si je mange car il est l’heure de déjeuner.

De plus, c’est mettre beaucoup de considération sur nos besoins physiologiques qui sont pour certains pratiquants secondaires en comparaison à la réalisation de soi. Dans la pyramide de Maslow, les besoins physiologiques sont tout en bas de la pyramide alors que le besoin d’accomplissement est au sommet. L’abstinence permet d’amener son focus sur le haut de la pyramide plutôt que sur le bas.

Aparigraha, le yama de la non possessivité

Dans nos sociétés où avoir des choses peut être synonyme de succès, revenir à ce yama est essentiel. L’objet de la possessivité est apparu au moment où les noms de famille sont apparus et qu’il fallait donc avoir pour défendre son nom. On considère l’être comme étant l’opposé de l’avoir. La question est de savoir si tout ce qu’on pense nous appartenir, nous appartient-il vraiment ? Or, ces choses existent dans leur existence propre. L’Abbé Pierre a bien dit « Plus l’homme possède, moins il se possède ».

Sothiya Taing Yoga Philo Yamas

Comment appliquer les yamas dans le quotidien ?

Que ce soit dans le monde professionnel ou dans la vie de tous les jours, les yamas peuvent être appliqués et laisser s’installer plus de fluidité dans le quotidien.

  • Pour Ahimsa comme dit dans le paragraphe ci-dessus, la première chose à laquelle nous pouvons faire attention est la puissance des mots. Faire preuve de bienveillance dans son langage pour pouvoir mieux communiquer avec les autres.
  • Satya serait de faire preuve de plus de transparence. Certains pensent que détenir l’information est source de pouvoir mais l’omettre vient aussi créer des tensions et endommager la confiance nécessaire au construire ensemble. Il y a aussi la vérité sur soi-même et regarder les choses en face telles quelles sont.
  • L’application d’asteya me ramène à la notion de consentement. Demander à la personne en face nous si elle est d’accord ou non, et non le prendre pour acquis.
  • Brahmacarya nécessite du temps et du recul. Prendre le temps de s’avoir si cela est nécessaire, prendre le temps de savoir pourquoi toujours plus.
  • Enfin pour aparigraha, je vois le partage. Des choses matérielles mais aussi des connaissances. La transmission du savoir est l’une des plus belles choses au monde selon moi.

En tant que manager, ces règles permettent d’arriver à un management bienveillant à mon sens. Un management qui permet aux collaborateurs de s’épanouir dans le milieu du travail, d’amener de la fluidité dans le travail d’équipe et favoriser la coopération. Cela va par ailleurs attirer les talents et les inciter à rester.

Est-ce possible de le pratiquer dans le quotidien ? Je pense que oui, beaucoup de normes et de croyances resteront à changer, mais cela pour le mieux.

Sothiya Taing - Créatrice d'espace de résonance - Coaching - Facilitatrice d'ateliers - Yoga

Sothiya Taing – Créatrice d’espaces de résonance
Accompagnement holistique – Coaching – Yoga

sothiya.taing@gmail.com

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